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Institut de Formation Supérieure en Ostéopathie de Rennes
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Concept

De la kinésithérapie à l'ostéopathie

L'enseignement de l'IFSO-Rennes est conçu spécialement pour les masseurs-kinésithérapeutes DE pour les raisons suivantes :
  • Leurs compétences préalables : les masseurs-kinésithérapeutes bénéficient d'une formation professionnelle sérieuse avec une expérience médicale de terrain, accompagnée d'une expérience clinique. Ils savent ce que représente le travail au contact des malades. Il s'agit d'un pré-requis indéniable pour la formation des ostéopathes ;
  • La possibilité d'une formation progressive : l'acquisition d'une pratique ostéopathique sûre, nécessite une mise en application clinique, progressive et permanente. L'exercice quotidien du masseur-kinésithérapeute permet cette mise en œuvre ainsi que l'apprentissage indispensable à l'acquisition puis à la maîtrise des compétences nécessaires ;
  • Une amélioration de leur efficacité auprès des patients : l'ostéopathie nécessite certaines capacités personnelles qui ne s'expriment pleinement qu'au cours des années et avec l'expérience. Un étudiant qui s'arrêterait en cours de formation aura toujours amélioré ses performances de kinésithérapeute.

Un concept spécifique : la manipulation structurelle

L'approche structurelle des pathologies réversibles est favorisée par l'utilisation d'un modèle qui se veut le plus complet possible. Il va de la définition « matérialisée» de la lésion jusqu'à son application à toutes les structures du corps physique.

La définition fonctionnelle de la lésion n'est pas privilégiée car la perte de mobilité n'est pas considérée comme une lésion mais comme sa conséquence. La lésion n'étant pas une perte d'amplitude, le geste thérapeutique ne cherche pas son gain ! Cette « nuance » apporte une grande sécurité dans le geste thérapeutique. On ne peut pas aller « trop loin » puisqu'on ne cherche pas l'amplitude... Créé à Genève à partir de 1967 et développé entre 1982 et 1998, ce concept spécifique et ses applications ne sont enseignés nulle part ailleurs.

Nous cherchons à rapprocher les modèles scientifiques et empiriques pour privilégier les modèles pragmatiques et sûrs.

Le modèle de la lésion structurelle ostéopathique

Les thérapies manipulatives (ostéopathie, chiropractie, étiopathie) représentent une multitude de tendances plus ou moins cohérentes entre elles. Cela va des approches structurelles pures, qui "rentrent" dans le tissu, aux conceptions fonctionnelles, voire énergétiques, qui n'ont presque plus "besoin de toucher les patients". Il est difficile de donner "la" définition de l'ostéopathie. Suivant les personnes interrogées, les réponses peuvent sembler différentes. Il est développé ici les principes de l'art manipulatif tel qu'il a été enseigné à Genève de 1982 à 1998.

Le corps est un système complexe, constitué de différents organes, eux-mêmes constitués de tissus dit nobles (propres à la fonction de l'organe) et de tissu de soutien appelé conjonctif. Les tissus et organes sont en relation avec leur voisinage proche ou lointain, par des relations mécaniques, vasculaires et/ou neurologiques :
  • Relations mécaniques signifient, par exemple, incidences du pied sur le genou ;
  • Relations vasculaires signifient irrigation des tissus tant dans le sens de l'apport sanguin que dans le sens de son drainage de retour ;
  • Relations neurologiques signifient contrôle des fonctions de l'organe et des systèmes de vascularisation (système nerveux orthosympathique en particulier pour le contrôle de la circulation sanguine au sein des différents tissus).
Il se trouve que c'est au sein du tissu conjonctif, que se situent les récepteurs nerveux, capables de modifier le contrôle de la régulation sanguine, mais aussi du tonus musculaire et de la proprioceptivité. Un exemple simple : une claque, bien dosée, sur la joue fait rougir la joue. La stimulation mécanique rapide du tissu conjonctif de la joue sollicite les récepteurs nerveux de ce tissu qui font réagir le système circulatoire local et par effet réflexe, le sang circule différemment dans la joue qui devient rouge. Cette irrigation provoquée, optimise l'état des tissus concernés, quels qu'ils soient.

Quand l'état circulatoire d'un tissu est ralenti, en fonction du temps et/ou de l'intensité du stress, les qualités mécaniques de ce tissu sont altérées. Cela s'objective par des modifications, de densité et de sensibilité, accessibles à la palpation. Ces altérations réversibles sont structurées au sein de la matière vivante, c'est pour cette raison qu'il lui est donné le nom de lésion structurelle. On devrait dire, structurée.

Une fois ces lésions installées au sein du tissu, on assiste à des modifications des fonctions de ce tissu et de l'organe qu'il constitue. Si ces modifications siègent dans une articulation par exemple, il peut y avoir modification de la position de repos de cette articulation, avec modification de la qualité des mouvements et de leurs amplitudes, avec réactions musculaires périphériques, etc. Position apparente, modification de la qualité et de l'amplitude d'un mouvement, réactions musculaires de voisinage sont autant d'éléments qui constituent la définition "fonctionnelle" de la lésion ostéopathique. Pour nous, ces modifications ne sont que l'adaptation de ce qui reste fonctionnel dans le système perturbé par l'altération préalable de la structure. Elles ne peuvent donc pas porter le nom de "lésion". La lésion structurelle nous semble la cause des modifications fonctionnelles définies comme des "lésions" ostéopathiques. Ces altérations structurelles nous semble causales ; non pas qu'elles soient seulement causales en termes de pathologies, mais par ce qu'elles nous apparaissent comme préexistantes, vis à vis de la définition fonctionnelle de la "lésion ostéopathique".

Quand un tissu conjonctif perd ses qualités de souplesse et d'élasticité, cela entraîne des perturbations, non seulement locales (douleurs provoquées) mais également à distance en fonction des relations neuro-vasculaires de ce tissu, voire de ses relations fonctionnelles avec les systèmes avoisinants. La manipulation structurelle devient un geste mécanique appliqué aux différents tissus conjonctifs du corps, qui en sollicite les récepteurs nerveux ; ce qui, par voies réflexes, change la consistance du tissu et modifie ses rapports mécaniques, vasculaires et nerveux, localement et à distance, en fonction de l'arborescence vasculaire et nerveuse.

Les manipulations structurelles peuvent se pratiquer sur tous les tissus du corps. Il y a du conjonctif partout ! Lorsque nous nous adressons au tissu articulaire vertébral, nous parlons de manipulations vertébrales et il en est de même pour les articulations des membres. Quand on s'adresse aux muscles, on parle de tissus « mous », qui justement ne le sont plus assez.

La manipulation structurelle n'est en aucune manière, une mobilisation plus ou moins forcée pour déplacer un segment, harmoniser, corriger une altération positionnelle ou une diminution d'amplitude. Il s'agit d'un acte mécanique, réglable en vitesse, en masse et en amplitude, appliqué le plus localement possible sur le tissu altéré, afin d'en modifier la consistance par voie réflexe. Le but n'est pas de corriger une position, ni d'augmenter telle ou telle amplitude, mais de lever la barrière qui empêche le corps de trouver lui-même toutes les positions et fonctionnalités dont il a et aura besoin pour évoluer harmonieusement dans son environnement.

Il n'est rien imposé, ni rien corrigé, seuls les obstacles objectivés par l'évaluation manuelle préalable sont levés. La nature fait le reste...
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